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Mathilde Muñoz ( SHS, promo 2016), lauréate d’un des quatre Prix du meilleur jeune économiste 2026

Prix et distinctions

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31/03/2026

À seulement 31 ans, Mathilde Muñoz (SHS, promo 2016), ancienne élève de l’ENS Paris-Saclay, figure parmi les quatre économistes distingués par le jury du Prix du meilleur jeune économiste 2026, organisé par Le Monde et Le Cercle des économistes. Professeure assistante à l’Université de Berkeley en Californie, elle se distingue par ses travaux sur les effets de la mondialisation, de la fiscalité et des politiques sociales sur les inégalités contemporaines.


« On ne peut pas décider d’une intégration économique entre plusieurs pays sans réfléchir soigneusement aux différences de réglementation sociale et fiscale. On le sait désormais, cela ne marche pas bien. » explique-t-elle (Le Monde, 30 mars 2026).

Le parcours académique de Mathilde Muñoz s’inscrit dans la tradition des grandes filières d’excellence françaises. Après des études secondaires, elle intègre une classe préparatoire aux grandes écoles où elle se spécialise en économie et en mathématiques, développant une solide maîtrise des outils analytiques et quantitatifs. Admise à ENS Paris-Saclay, elle y suit une formation exigeante en économie, combinant théorie économique, économétrie et politiques publiques. En parallèle de sa scolarité normalienne, elle complète sa formation par un master à l’ENSAE Paris, institution de référence en statistique, économie quantitative et data science. 

Elle soutient ensuite sa thèse à la Paris School of Economics. Elle y développe des approches empiriques innovantes, s’appuyant sur des données internationales détaillées, ce qui lui permet de renouveler l’analyse des déterminants des échanges économiques. Sa thèse de doctorat porte sur les interactions entre politiques fiscales, régulations du travail et commerce international.

Aujourd’hui professeure assistante à Université de Berkeley, Mathilde Muñoz appartient à cette génération d’économistes engagés dans le débat public, soucieux de repenser les fondements de la mondialisation et de l’intégration européenne. Son parcours illustre le rôle essentiel de la recherche académique dans la compréhension des déséquilibres économiques et sociaux mondiaux.

Ses travaux récents montrent notamment que les écarts de réglementation sociale et fiscale influencent fortement les flux commerciaux entre pays, en particulier pour les biens et services intensifs en main-d’œuvre. Ces recherches nuancent les analyses traditionnelles basées uniquement sur la spécialisation ou la productivité, et ouvrent la voie à de nouvelles politiques publiques conciliant compétitivité, équité fiscale et justice sociale.

Pour Mathilde Muñoz, penser une mondialisation plus juste suppose d’éviter « la course vers le bas » en matière de fiscalité et de réglementation. Ses propositions contribuent à nourrir une réflexion essentielle pour l’avenir du projet européen et pour la construction d’économies plus inclusives.

Toute la communauté normalienne se réjouit de cette reconnaissance, qui souligne la contribution remarquable d’une alumna de l’ENS Paris-Saclay à la recherche économique internationale.


Aux côtés de Mathilde Muñoz, le jury distingue également Adrien Bilal (Stanford), pour ses recherches sur la dimension géographique des chocs climatiques, Lucas Chancel (Sciences Po), pour ses recherches sur les inégalités et l’environnement, et Maxime Menuet (Université Côte d’Azur), pour ses travaux sur la dette publique. Ensemble, ces quatre économistes illustrent une nouvelle génération qui réinvestit de grandes traditions de la science économique pour éclairer les défis majeurs de notre temps. Leurs travaux nourriront les débats des prochaines Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, organisées par le Cercle des économistes, où ils seront invités à présenter leurs recherches et à dialoguer avec les acteurs du monde académique, économique et politique.

Le jury du Prix du meilleur jeune économiste a reçu cette année 56 candidatures, un volume stable par rapport à 2025, avec 24 nouveaux candidats témoignant du renouvellement de la discipline. La féminisation progresse nettement, les femmes représentant 43% des candidatures, contre 36% en 2025, et plus d’un tiers des candidats exercent désormais à l’étranger, signe de l’internationalisation croissante des parcours. Le prix distingue à la fois l’excellence académique et la capacité à nourrir le débat public sur les grands enjeux contemporains, qu’il s’agisse du climat, des inégalités, de la dette publique ou de la fiscalité internationale.


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