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Olivier Vigna, un normalien au service de l’attractivité économique de la France

Témoignages

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22/01/2026

Olivier Vigna (promotion 1991, Sciences économiques et sociales) est délégué général de Paris Europlace, un poste stratégique dans sa brillante trajectoire tracée dans le secteur économique, à la croisée des chemins entre institutions financières publiques et secteur privé. 

Olivier Vigna intègre le département de sciences économiques et sociales de l’ENS Paris-Saclay en 1991 avec l’objectif de mener en parallèle un cursus à Sciences Po. Cette souplesse institutionnelle est une chance qu’il salue encore aujourd’hui. « J’ai beaucoup de reconnaissance pour Michel Bitard, alors directeur du département, qui a accepté que je jongle entre les campus de Sciences Po et de Cachan », confie-t-il. Selon Olivier Vigna, cette confiance accordée dans les projets de ses étudiants est caractéristiques de la « marque de fabrique de l’ENS ». Il garde de ses années à l'École et à Sciences Po le souvenir d'une grande émulation intellectuelle. Tout en approfondissant l’économie, sa discipline de prédilection découverte en classes préparatoires, il s'ouvre à d'autres disciplines comme la sociologie, l’histoire ou la philosophie politique, et valide en parallèle une maîtrise de sociologie à Nanterre. Ce bagage pluridisciplinaire lui permet, dit-il, d’être aujourd’hui « à l’aise dans des environnements très différents » et de s'adapter avec agilité à des contextes professionnels évolutifs, qu'ils soient publics ou privés.

 

D’une rive à l’autre 

A sa sortie de l’École, Olivier Vigna effectue son service militaire puis réussit le concours la Banque de France qu’il intègre en 1996. Là, il occupe plusieurs postes d'économiste : à la Commission bancaire, à l’Inspection générale puis à la direction des études, et enfin de la stabilité financière. En 2012, Olivier Vigna devient chef économiste de l’Autorité des marchés financiers, supervisant l'analyse des risques et la régulation des marchés, puis il est nommé chef économiste de l’Agence France Trésor (à Bercy) en 2015, l'organisme chargé de gérer la dette de l'État, un poste hautement stratégique. En 2020, changement de cap : Olivier bascule de « l’autre côté du miroir », rejoignant la banque HSBC Continental Europe en tant que chef économiste France.

Olivier Vigna assume totalement d’avoir « franchi les Rubicons » pour naviguer entre secteurs public et privé, entre régulation économique et marchés financiers. « Je n'ai jamais eu de difficulté à passer d'un poste à l'autre, le précédent nourrissant le suivant », confie-t-il. Il juge cette mobilité essentielle à une carrière et encourage d’ailleurs les futurs normaliens à clarifier leurs ambitions : souhaitent-ils la stabilité d'un employeur unique ou la richesse de l’inconnu ? Pour lui, les normaliens disposent d’atouts majeurs pour s’adapter aux transitions. « Dès l'instant où on commence à penser mobilité, c'est qu'on en a l'envie. Et quand on en a l'envie, on en trouve les capacités », affirme le CEO.

Par deux fois dans la carrière d’Olivier Vigna, ses capacités de réflexion et d’adaptation sont soumises à rude épreuve : lors de la crise financière de 2009 alors qu’il est chef du service des prévisions d'activité économique pour la zone euro à la Banque de France et en 2020, lors de la pandémie de COVID-19. Il est à ce moment-là chef économiste pour la France chez HSBC Continental Europe. « Comment établir des prévisions économiques sans aucun repère historique ? Qu’est-ce qu’impliquaient les confinements ?  Pour ces deux crises, nous n’avions aucune comparaison possible, c’était la nouveauté complète ». 

 

Paris Europlace : renforcer l’attractivité de la France

Après avoir exploré toutes les facettes du métier d'économiste, Olivier Vigna quitte le monde bancaire, dont il avait, selon lui, « épuisé les charmes », guidé par l'envie d'une « nouvelle aventure ». Depuis 2026, il occupe le poste de délégué général de Paris Europlace. Cette association fédère 600 entreprises et fédérations de toutes tailles, dont de nombreuses entités étrangères. « La France a gagné en crédibilité et la place de Paris s'est considérablement développée ces dix dernières années, portée par le Brexit et par les réformes des autorités françaises », analyse-t-il. Pour le DG, la mission de Paris Europlace est double. Il s'agit d'abord de renforcer l'attractivité de la France pour inciter les grands acteurs économiques à s'y implanter et à créer des emplois. « Nous ne défendons pas spécifiquement les acteurs français, mais les acteurs implantés en France », précise-t-il. Ensuite, l'association œuvre à l'adaptation de leur environnement réglementaire. « Il ne suffit pas qu'elles s'installent, Paris Europlace les accompagne pour bâtir le meilleur cadre juridique possible face à la concurrence de Londres, Francfort, Milan ou New York », insiste-t-il. Pour Olivier Vigna, il est donc indispensable que les autorités écoutent les organisations représentatives. 

Concrètement, ce dialogue s'opère via des groupes de travail techniques et l’organisation de conférences associant industrie et pouvoirs publics. Paris Europlace s'appuie d'ailleurs sur deux branches, l'Institut de la finance durable et Finance Innovation, lesquelles regroupent au total une trentaine de salariés. Dans un quotidien où « l'imprévu est la règle, —un jour je rencontre un chef d’entreprise, le lendemain le cabinet du ministre de l'Économie », ce travail intense de plaidoyer est devenu le cœur du métier d’Olivier Vigna. Il porte d’ailleurs ses fruits : le DG se félicite notamment que la loi du 13 juin 2024 sur l'attractivité financière reprenne directement, dans son titre II, des recommandations issues d'un rapport de Paris Europlace.

 

Éducation et excellence 

Olivier Vigna est attentif à l’éducation et à la transmission. Outre les enseignements qu’il assure toujours à Sciences Po, il a également participé à des actions pédagogiques menées auprès des publics scolaires dont l’objectif était « d'expliquer à quoi sert l'économie et ce qu'est une place financière. » Pour lui, la reconnaissance internationale des grandes écoles françaises est un atout qu'il faut activement entretenir. Mais l'excellence étant une notion évolutive, elle ne peut se baser sur les critères d'hier. Pour rester performant et répondre aux attentes actuelles du marché, l'ouverture sur le monde est primordiale. « Une école d'excellence est une école en mouvement, capable de s'ouvrir sur les nouveaux sujets », conclut-il. 

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